Cette histoire d’abeilles m’énerve

13 juin

DSC_0478Aujourd’hui je suis énervé, énervé car  c’est au moins la cinquantième fois que je lis ou que quelqu’un me raconte cette histoire. En général ça donne « tiens toi qui connais le miel et les abeilles, il paraît que le miel qu’on récolte en ville et notamment à Paris est meilleur que celui des campagnes car avec tous les pesticides utilisés pour les cultures les campagnes sont polluées alors que les pesticides sont interdits dans les jardins publics donc pas de pollution, le miel y est meilleur et les abeilles y meurent moins » CQFD.

La dernière fois que j’ai lu cette histoire c’est dans l’Equipe magazine c’est dire si elle a fait le tour de la presse et de nos oreilles. Moi je dis bravo aux as du marketing qui ont mis sur pied cette belle histoire car tout le monde vous le dira : le  marketing c’est l’art de raconter les histoires que les gens ont envie d’entendre et celle-ci manifestement elle a fait mouche.

Alors qu’en est il vraiment ? Il est vrai que beaucoup de nos campagnes sont polluées et que l’utilisation de produits chimiques dans les cultures est inquiétante et menace les abeilles, la mortalité des colonies est un fléau extrêmement préoccupant là dessus rien à dire. Ensuite même si on récolte du miel absolument partout en France il y a campagne et campagne : comment comparer les plaines de la Beauce avec le maquis Corse ou les champs de Colza de la vallée du Rhône avec les châtaigneraies des montagnes d’Ardèche pourtant presque voisines.

DSC_0788 (1)Raconter ou laisser entendre qu’un miel récolté en plein Paris avec toute la pollution, les goudrons…est plus naturel qu’un miel de Haute-Savoie ou du Cantal franchement on marche sur la tête. D’ailleurs plusieurs études ont analysé la composition des miels des villes, elles sont un peu contradictoires mais il y a quand même beaucoup à dire.

La France dispose d’énormément de zones encore sauvages, vierges de toute culture ou transformation humaine et qui présentent une biodiversité rare et vraiment propice à l’apiculture de qualité.

Comme par hasard alors que l’on nous présente la mortalité des abeilles comme un phénomène omniprésent n’ayant pas de solution, les apiculteurs des Miels de Joyeuse n’observent pas du tout ce phénomène dans les proportions affichées partout. De là à penser qu’une apiculture réalisée dans des zones sauvages non polluées + une pratique raisonnée du métier suffisent à préserver ses colonies il y a un pas mais personnellement j’en suis convaincu.

Donc loin de moi l’idée de critiquer l’apiculture en ville, mais attention il faut rester lucide et ne pas se laisser bercer par les jolies histoires de ceux qui veulent nous vendre du miel de l’Opéra à prix d’or alors que ses qualités gustatives sont loin d’être exceptionnelles. Faites le tri : renseignez vous au maximum et surtout goutez et laissez vous guider par votre palais.

 

3 réflexions au sujet de « Cette histoire d’abeilles m’énerve »

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