Le vaste monde de l’épicerie fine

13 mai

patchwork epicerie fine-crop1Le monde des épiceries fines attise bien des curiosités, mes amis me posent régulièrement des questions là dessus car c’est vrai que c’est un beau métier.Le secteur connaît également pas mal de nouveautés la dernière en date est la parution en juin d’un nouveau magazine dédié « Le monde de l ‘épicerie fine ».

Avec nos nombreux clients « épiciers fins » partout en France c’est vrai qu’à la Maison Charaix et au Petit Duc nous sommes des observateurs privilégiés du secteur. Alors qui sont ces acteurs ? Qu’est ce qui les caractérise ? Qu’est ce qui les rassemble ou à contrario qu’est ce qui fait leur singularité ?

  1. Pas de modèle type

Malgré quelques centaines d’épiceries comme clients nous sommes incapables de dresser le portrait robot d’une épicerie fine. Certaines vendent plutôt des produits « cadeaux » donc des petits conditionnements, d’autres vendent à des habitués qui viennent chercher de bons produits pour cuisiner, certains accueillent des clients pour le déjeuner, d’autres sont en même temps fromagers, certains se concentrent sur le sucré et le thé, d’autres encore ne vendent pas que de l’alimentaire. Donc pas de règle, pas deux épiceries fines qui se ressemblent.

  1. Un eldorado mais uniquement pour les media

Il y a en France depuis des années un vrai engouement pour les bons produits, leur origine, pour la cuisine…ces sujets tournent en boucle dans les media, en toute logique on aurait tendance à penser que l’épicerie fine c’est l’eldorado et d’ailleurs nous observons énormément d’épiciers qui se lancent dans l’aventure. Oui mais voilà les choses ne sont pas si simples car il ne suffit pas d’aligner les bons produits les uns à coté des autres pour que ça marche. Ces produits sont plutôt chers et même si ils se vendent ils ne se vendent pas souvent et le problème de pas mal d’épiciers est le flux de clients dans leur magasin.

  1. La priorité de l’épicerie fine : le flux de clients

Nos  clients ont trouvé plusieurs parades à ce problème de flux :

Ils proposent un ou plusieurs produits « locomotive » que les gens viennent chercher régulièrement (thé, épices ou fruits secs en vrac, charcuterie, fromage…) ou trouvent une manière de faire rentrer du monde chez eux (restauration du midi…)

patchwork epicerie fine-cropIls proposent des produits pointus, que les cuisiniers amateurs ne trouveront pas au supermarché avec le conseil qui va avec.

Ils proposent une offre cohérente de bons produits originaux et pas faciles à trouver.

Encore une fois ceci n’est pas exhaustif car chacun a sa recette.

  1. Une passion commune

Mais ce qui rassemble avant tout les épiciers c’est la passion de ce qu’ils font, et ce qui les fait vibrer ce sont les bons produits qu’ils vont pouvoir conseiller à leurs clients et ainsi se différencier de la grande distribution. Beaucoup d’entre eux ont choisi ce métier par vrai choix souvent après une première vie professionnelle. C’est un vrai plaisir pour nous d ‘échanger avec eux car nous parlons vraiment le même langage.

  1. Des nouveaux concepts qui s’installent

Forts de ces constats plusieurs acteurs se sont lancés dans l’épicerie fine de manière originale, leur logique : puisque le problème c’est le flux, organisons un magasin avec le frais (qui apporte du flux) au cœur du concept (fruits, légumes, fromage, viande, charcuterie…). Essayons de faire la différence avec des produits de très bonne qualité à la traçabilité parfaite jusqu’au producteur et autour on rajoute de l’épicerie classique avec des très bons produits là aussi. Les exemples commencent à fleurir et ils semblent assez prometteurs. On peut citer nos amis de chez Causses à Paris rue Notre Dame de Lorette, ou alors le groupe Auchan qui teste plusieurs pilotes dans le domaine (Partisans du goût, Arcimbo) ou encore quelques projets dans les cartons comme chez les fermes de Gally où ils ont paraît-il quelques idées derrière la tête.

On ne peut qu’encourager les épiceries fines et les points de vente gourmet à continuer à faire découvrir et à vendre de bons produits loin de l’univers de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution qui ont perdu leur âme depuis bien longtemps. Notre travail à nous producteurs pour les aider c’est de leur proposer de bons produits certes mais aussi des produits qui se vendent c’est à dire bien pensés, bien présentés et packagés et ça on y pense tous les jours.

 

7 réflexions au sujet de « Le vaste monde de l’épicerie fine »

  1. Ping : La vie avance » Chaussures & Tennis

  2. Epicerie fine en ligne

    En effet, le plus dur n’est pas forcément de trouver les bons produits, mais d’attirer les visiteurs dans son épicerie fine. Le recours à des « produits d’appel » de grande consommation est une bonne approche pour attirer du monde justement.

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  3. Epicuria saveurs&traditions

    Bonjour,
    Cet article dit vrai, le problème est d’attirer les clients en flux suffisant.
    C’est mon problème… j’ai avant d’ouvrir mon Epicerie beaucoup travailler, fait un tour de france pendant 1 an et demi afin de sélectionner mes producteurs et produits. Et depuis 1 an et demi je suis confronté au problème du flux clients. il faut attirer l’oeil de l’extérieur, donner envie aux clients de rentrer.
    Souvent le tableau est idyllique à en croire les médias… mais en vérité pas du tout ! proposer des produits de qualités, réellement artisanaux ne s’invente pas ! ça coute plus chère. J’ai fait ce choix par éthique, et afin de faire connaitre des producteurs méritants mais c’est dur.
    Gourmandisement,
    Pascal

    Répondre
  4. Ping : New York – New York…la suite | Blog d'Étoile Gourmande

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