Miam Miam?

06 mar

indexÇa fait des semaines que j’avais envie d’écrire cet article sans vraiment me décider. En fait l’histoire commence à l’automne quand nous recevons une invitation des responsables du site vente-privee.com pour nous présenter leur nouvelle offre Miam–Miam réservée aux produits gourmet et de terroir.

Nous sommes très bien reçus, les personnes vente-privee.com nous font faire le tour du propriétaire : studios photos, open-space pour les développeurs, studios d’enregistrement pour les musiques…très impressionnant de voir les coulisses de ce géant français de l’e-commerce.

L’équipe nous explique le concept Miam-Miam : proposer des produits comme les nôtres à prix réduits en nous faisant profiter de leur puissance de feu : 12 millions d’abonnés.

Le souci c’est que dans ce schéma l’artisan doit supporter seul le discount affiché de 40% et que si on ajoute à cela la marge conséquente de vente-privee.com il ne lui reste pas grand chose au bout (sauf si il possède un stock d’invendus important à dédier à une telle opération ce qui est rarement le cas dans nos métiers).

L’autre souci c’est que viennent ensuite plusieurs contraintes :

L’artisan doit s’engager sur la livraison d’une quantité (très importante) fixée à l’avance à réaliser quelques jours après la fin de la vente. Ce qui veut dire que tout doit être produit d’avance sinon chaque produit non livré à temps déclenche une pénalité financière. Vente-privee.com n’a en revanche de son coté aucun engagement d’acheter la quantité de produits prévue initialement.

Par ailleurs le risque de droit de rétractation du client final est supporté par l’artisan seul puisque si un client décide de renvoyer son produit à vente privée il sera ensuite retourné à l’artisan sans dédommagement. Tout le monde comprend que dans la plupart des cas le produit représente une perte sèche pour l’artisan qui ne pourra décemment revendre ce produit qui aura tant voyagé.

Alors bien sûr vente-privee.com met en avant la capacité d’une telle opération à développer la notoriété de l’artisan, de faire connaître ses produits à une nouvelle clientèle…

Beaucoup de marques et d’artisans ont été approchés, pas mal on accepté le deal d’autres pas, nous faisons partie de ces derniers. Nous respectons tous les points de vue, chacun étant libre de ses choix et de ses convictions,  voici les nôtres :

1. Nos produits sont de qualité, leur prix est justifié, les brader est dangereux car cela induit l’idée qu’ils ne valent pas le prix que nous en demandons habituellement

2. Vente-privee.com justifie face à la presse et en compagnie des ministres sa capacité à proposer -40% par la suppression de certains intermédiaires. De quels intermédiaire parlent ils ? Cette ristourne est obtenue grâce au seul effort commercial de l’artisan alors que  vente-privee.com est un intermédiaire au même titre que nos clients/ revendeurs et qu’à ce titre il applique une marge d’ailleurs comparable.

3. De ce fait nous considérons que signer un tel contrat contribuerait à introduire l’idée selon laquelle nos clients/ revendeurs (épiceries fines, gourmet stores, chocolatiers…) ne sont pas honnêtes et pratiquent des marges indues alors qu’ils sont pour la plupart des indépendants passionnés qui au delà de la revente font découvrir nos produits et nous soutiennent dans la durée et ce depuis notre démarrage.

En conclusion je pense que les responsables de vente-privee.com ont souhaité, avec l’offre Miam,-Miam accompagner la tendance actuelle autour des bons produits. Pour ce faire ils dupliquent un modèle extrêmement pertinent pour les fins de séries vêtements/ accessoires invendus sans avoir pris complètement la mesure des spécificités de l’écosystème gourmet ce qui peut, à terme, lui être nuisible même si l’offre recueille aujourd’hui un certain écho.

Et puisque vente-privee.com souhaite aider les artisans et que, ça tombe bien, nous aussi nous allons les recontacter dans les prochains jours pour leur proposer de mettre notre expérience à leur disposition et les aider à mettre sur pied une offre plus équilibrée qui respecte réellement l’ensemble des acteurs de la filière, nous vous tiendrons au courant de leur réponse et en attendant n’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires sur ce sujet brulant.


Vente-privée.com se lance dans la gastronomie… par BFMTV

6 réflexions au sujet de « Miam Miam? »

  1. Ariane

    Bravo bravo pour votre indépendance et pour votre persévérance à proposer d’excellents produits à juste prix sans les brader. Pour ma part, je constate que le site en question en a surtout profité pour se faire beaucoup beaucoup de pub…

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  2. marc sessa

    Il est indispensable de conserver des repères et de se fixer une ligne de conduite. Si les produits d’épicerie fine sont bradés sur Internet il n’y a aucune raison que le prix en magasin de détail soit différent. A vouloir faire du discount sur des produits de qualité, les repères disparaissent. Je considère que l’offre alimentaire en épicerie fine est une offre de qualité, assortie de conseils et de temps passé à faire partager, qui justifie un prix différent de ce qui est proposé en GMS ou sur des sites de ventes en ligne discount. Et il faut choisir son canal de distribution; soit la vente en ligne à prix bradés, soit le partenariat avec les boutiques spécialisées.Merci à la maison Charaix d’avoir respecté son engagement vis à vis de ses partenaires actuels.

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  3. FOURNIER

    Bravo pour cette position courageuse et tellement cohérente, et merci à la Maison Charaix de sa confiance en notre réseau !

    Comment peut-on imaginer à la fois mettre en avant un produit haut de gamme, de luxe, rare, et en même temps le brader en nombre ?

    Les deux circuits doivent se respecter mutuellement sans se mélanger, sinon c’est le consommateur qui fini par s’y tromper.

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  4. Le bonbon au palais

    Je suis moi-même revendeur en confiserie artisanal et régional, dans ma boutique qui à pour concept de proposer les meilleurs produits de France en garantissant une fraîcheur optimal et des prix les plus juste pour le client en rapport à nos frais généraux, loyers des locaux parisiens, personnel compétant à offrir un service de qualité, des emballages ( sacs papiers, sachets cellophanes, Stickers autocollant, feuilles de soie, boîtes et ballotins ) qui coûtent une fortune et que nous devons acheter en grosse quantité pour avoir des prix plus faible( stocks payés qui dorment dans des locaux pour lesquelles nous payons encore un loyer donc trésorerie que nous ne pouvons pas utiliser pour autre chose!!! )

    J’ai moi-même boycotté des maisons qui ont un bon produit mais le fait des les voir en grande distribution ou dans des boulangeries, exposés auprès des bonbons Haribo. A vouloir faire du chiffre à tout prix, on perd en notoriété et en image de marque. Un produit de luxe doit resté dans le luxe et surtout pas bradé sur des sites de bas de gamme dont le but est d’engloutir les petits commerçants comme nous!!!.

    Georges

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